M. Chioca |
Cet article est extrait du livre L’art du foodscaping de Marie Chioca.
L’histoire de ce massif
Mes deux potagers sont séparés par un muret ancien, percé d’un portillon. L’endroit est exposé plein sud, mais partiellement à l’ombre, et le sol de part et d’autre du portillon a été préparé il y a quatre ans sur le principe des lasagnes. Au printemps 2023, j’ai imaginé ce massif associant fleurs et légumes en camaïeux de rose vif et de vert bleuté, le tout illuminé par les touches dorées du feuillage de tomatillos. Les récoltes y ont été abondantes et le décor impeccable pendant de longs mois !
Ce que j’ai planté
À droite du portillon, j’ai installé en mai des pieds de physalis contre le mur : avec son feuillage sain, velouté, d’un vert légèrement bleuté, et sa gracieuse silhouette élevée, c’est une plante très décorative, idéale pour créer des massifs un peu hauts. Surtout lorsque les petits physalis commencent à se former, telles de délicates lanternes chinoises…
Devant les physalis, des pieds de cosmos ‘Double Click rose bonbon’ ont été insérés en quinconce. D’une envergure plus modeste que son célèbre cousin le ‘Sensation’, cette variété concurrence moins ses compagnons et trouve facilement place dans les petits massifs comme celui-ci. Ses fleurs charmantes, aux nombreux pétales, sont merveilleuses en bouquets (et contrairement à ce qu’on lit parfois, les abeilles peuvent les butiner, je l’ai constaté de mes propres yeux !).
Cosmos ‘Double Click’
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En bordure du massif, j’ai planté de simples betteraves rouges (leurs côtes sont si jolies, un peu comme des blettes d’ornement version miniature) en alternance avec des choux rouges et des géraniums-lierre à fleurs simples roses.
Enfin, tout au fond du massif, contre la serre, un pied de concombre et une ipomée bleue sont partis à l’assaut d’un petit treillage.
Zinnia et géranium
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À gauche du portillon, ce sont des pieds de tomatillos violets qui ont assuré l’essentiel du spectacle. Proche cousin du physalis, il s’en distingue toutefois beaucoup par son feuillage un peu vernissé, plus fin et d’un vert tirant sur le doré. Des zinnias à fleurs de dahlias ‘Dream’ se sont épanouis devant les tomatillos afin d’apporter leurs petites touches de rose indien, alternant avec des pieds de choux kales ‘Red Russian’ (une valeur sûre, tout autant par sa saveur très douce que sa grande beauté : il présente en effet des côtes mauves et des feuilles frisotées d’un vert canard attirant particulièrement le regard).
En bordure, la couleur des poireaux ‘Armor’ répondait joliment à celle des choux kales, et cinq pieds de géraniums-lierre doubles mauves ont étalé avec grâce leur silhouette retombante entre les feuilles dressées des poireaux.
Ce que j’ai récolté
Nous avons picoré avec délice d’innombrables physalis entre août et octobre : comme toute la famille en est fana, cela a été une grande source de joie. En revanche, nous n’avons goûté les magnifiques tomatillos que pour soigneusement noter… de ne plus jamais en planter ! En effet, nous leur avons trouvé comme un arrière-goût de fromage (!) ce qui est un peu particulier.
Tomatillos violets
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Nous avons aussi profité de quelques poireaux (je n’en avais planté que neuf dans ce massif, donc juste de quoi assurer trois ou quatre soupes) et d’énormes betteraves pour les salades (elles semblent avoir beaucoup apprécié le sol fertile de cette ancienne lasagne).
Le concombre de variété ‘Le généreux’ a bien porté son nom, nous régalant de plus d’une dizaine de fruits avant que l’ipomée, un peu trop conquérante, n’ait raison de sa vitalité mi-août… ce qui n’est pas très grave car de toute façon, les pieds de concombres plantés en mai dégénèrent toujours au cours de l’été sous la pression de l’oïdium.
Géranium-lierre double
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Enfin, les choux kales ‘Red Russian’ ont été impressionnants de productivité, au point que les poules ont dû nous aider à terminer leurs feuilles en mars suivant. En revanche, les choux rouges n’ont pas été très brillants (je vous ai promis de vous dire la vérité !) et cela, j’ai du mal à me l’expliquer…
Marie Chioca